106ème CIT à Genève : Top départ pour deux semaines d’intenses travaux.

Façonner le monde du travail en mettant l’accent sur des thématiques aussi importantes que la parité homme femme, l’accès des plus vulnérables à un travail décent, la promotion et la défense de l’environnement, ce sont là entre autres sujets ayant marqué les différents discours et interventions lors de la cérémonie d’ouverture du présent Sommet Mondial sur l’emploi et le travail décent.

En effet, la 106ème session de la Conférence Internationale du Travail (CIT) s’est ouverte ce lundi 5 juin 2017, en fin de matinée, dans la grande Salle des Assemblées du Palais des Nations Unies à Genève (Suisse).

Quatre principaux temps forts ont marqué cette journée, notamment la cérémonie d’ouverture qui a enregistré d’abord la mise en place du Bureau (Président et Vice-présidents) ; les mots de remerciements du nouveau Président de la Conférence ; la présentation des Rapports du Directeur Général du Bureau International du Travail (BIT) M. Guy RYDER, ainsi que celui du Président sortant du Conseil d’Administration et enfin l’intervention du Président de la République Orientale d’Uruguay, Invité d’Honneur de l’édition 2017 de la CIT.
Dans son allocution, M. Guy RYDER a davantage mis l’accent sur les effets néfastes du changement climatique sur l’emploi et le travail, mais aussi sur les moyens de subsistance des populations en général. Pour lui donc « Un avenir plus respectueux de l’environnement ne sera pas décent par définition mais par dessein ».

En effet, a-t-il tenu à préciser « le changement climatique résulte de l’activité humaine. Pour l’essentiel, cette activité correspond au travail ou s’y rapporte. Il est donc logique que le monde du travail ait un rôle essentiel à jouer pour trouver une solution à cet enjeu prioritaire. La capacité du changement climatique à endommager les infrastructures, à désorganiser les entreprises et à détruire des emplois et des moyens de subsistance a été clairement établie. Nous sommes confrontés au quotidien à ces défis sans précédent ». Il poursuit en ces termes « le monde ne doit par avoir à choisir entre la création d’emplois et la préservation de l’environnement. Il faut à tout prix garantir le durabilité de l’environnement, y compris dans une perspective de marché du travail ». Aussi, préconise-t-il enfin «Si notre but est de réussir une juste transition vers une économie verte, alors nous avons besoin d’une réglementation prévisible et appropriée. Les gouvernements doivent travailler en étroite collaboration avec les organisations d’employeurs et de travailleurs à cette fin ». Il prévient également qu’ignorer les conséquences du changement climatique compromettrait à la longue tous les efforts fournis en faveur d’une croissance économique soutenue. C’est pourquoi le Directeur Général du BIT a une fois de plus saluer l’Accord de Paris. Pour lui « Si notre but est de réussir une juste transition vers une économie verte, alors nous avons besoin d’une réglementation prévisible et appropriée. Les gouvernements doivent travailler en étroite collaboration avec les organisations d’employeurs et de travailleurs à cette fin ». A ce sujet « l’engagement de la communauté internationale à contenir et limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels au cours de ce siècle et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ont défini la voie à suivre et la transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables. Car ces deux facteurs constituent un point de repère essentiel de la trajectoire à emprunter » conclut-il.

D’autres thématiques aussi importantes, telles que le développement des compétences et la protection sociale, des facteurs de transition ayant la faculté avérée de favoriser des changements avantageux et socialement acceptables pour les travailleurs, ont été également abordées par M. Guy RYDER.

Quant au Président du Conseil d’Administration sortant, M. Ulrich Seidenberger (Allemagne), il a prôné le renforcement du dialogue social comme leitmotiv de sortie de crise. Pour preuve, il note avec satisfaction le dénouement heureux de plusieurs cas de crises suivant cette dynamique.

Le porte-parole du Groupe des Travailleurs a, quant à lui, demandé aux Employeurs et aux Gouvernements de sortir des normes en matière de travail décent et de migration afin d’aller résolument à l’application et à la ratification des recommandations pertinentes de la CIT.

Le Conseil national du patronat du Mali (C NPM) et l’Union nationale de travailleurs du Mali (UNTM) sont respectivement représentés par des délégations conduites par le Vice-président, M. Salif Coulibaly et le Secrétaire Général, M. Yacouba Katilé.

 Il faut rappeler que l’ordre du jour de cette 106ème CIT comporte les points et questions suivants :

I.                    Rapports du Président du Conseil d’administration de l’OIT et du Directeur général du BIT ;

II.                 Propositions de programme et de budget pour 2018-2019 et autres questions ;

III.               Informations et rapports sur l’application des conventions et recommandations ;

IV.              Les migrations de main d’œuvre (discussion générale) ;

V.                 L’emploi et le travail décent au service de la paix et de la résilience: révision de la recommandation (nº 71) sur l’emploi (transition de la guerre à la paix), 1944 (action normative, deuxième discussion) ;

VI.              Discussion récurrente sur l’objectif stratégique des principes et droits fondamentaux au travail dans le cadre du suivi de la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, 2008 ;

VII.            Abrogation des conventions nos 4, 15, 28, 41, 60 et 67 de l’OIT.

 

Ainsi donc, jusqu’au 16 juin prochain, les plus de 4 000 délégués venus des 187 Etats membres de l’OIT, les Organisations et structures partenaires du BIT et autres spécialistes des sujets abordés au cours de cette 106ème session, débattront au sein de plusieurs commissions thématiques mises en place à cet effet autour des points ci-dessus indiqués.

A l’issue de ces échanges, des recommandations allant dans le sens de la satisfaction des principales préoccupations actuelles du monde du travail, notamment l’amélioration de l’accès au marché du travail par les femmes, les migrants et d’autres groupes sensible ; l’avenir du monde du travail en général ainsi que les questions environnementaux, seront formulées voire adoptées par les conférenciers.

Il faut noter la présence à cette cérémonie d’ouverture du Ministre du Travail, de la Fonction Publique chargée des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Racky Talla à la tête d’une forte délégation tripartite malienne (Gouvernement, Patronat et Travailleurs), parmi laquelle il y a également le Directeur Général de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE), M. Ibrahim Ag Nock accompagné d’autres cadres de sa structure.

Quant au Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, M. Maouloud Ben Kattra, il est effectivement arrivé à Genève le lendemain du lancement officiel des travaux retrouvant ainsi sur place son homologue du Travail et de la Fonction Publique.

Comme quoi, pour les plus hautes autorités du Mali, les questions d’emploi sont une priorité absolue à laquelle le Président de la République, SE Ibrahim Boubacar Kéita et l’ensemble de son gouvernement accordent la plus grande importance.

En prélude à la cérémonie d’ouverture officielle, l’ensemble des composantes du tripartisme (Gouvernements et partenaires sociaux) ont chacune tenu des réunions préparatoires de groupes afin de peaufiner leurs stratégies et harmoniser leurs positions respectives sur les points inscrits à l’ordre du jour de la rencontre.

En effet, c’est lors de ces réunions de Groupe que chaque composante choisit ses représentants au niveau des différents organes (Bureau de la Conférence, entre autres), des Instances (Conseil d’Administration) et des Commissions Thématiques. Chaque Groupe est dirigé par un Coordinateur entouré d’une équipe de travail. Il rend régulièrement compte au Groupe lors de plénières.

 Il faut donc souligner que cette première journée de la CIT s’est menée au pas de course selon un programme particulièrement chargé comme suit :

    Ouverture officielle par le Président du Conseil d’administration
    Election du Président de la Conférence internationale du Travail
    Election des Vice-présidents de la Conférence
    Nomination des bureaux des groupes
    Constitution et composition des commissions permanentes et des commissions correspondant aux questions inscrites à l’ordre du jour
    Proposition pour l'examen de la question VII à l'ordre du jour: abrogation des conventions no.4, 15, 28, 41, 60 et 67
    Proposition de suspension de certaines dispositions du Règlement de la Conférence
    Délégation de pouvoirs au bureau de la Conférence
    Présentation par le Directeur général du BIT de son rapport à la Conférence
    Présentation par le Président du Conseil d’administration de son rapport à la Conférence
    Discours d’ouverture des présidents des groupes employeur et travailleur;
    Clôture de la séance
    Allocution de l’Invité d’Honneur de la Conférence.
    Réunions de Groupes et des Commissions thématiques.

Les travaux se poursuivront jusque tard dans la nuit pour certains avant de se poursuivre les jours suivants.

La Conférence de cette année est présidée par le Ministre du Travail du Panama. Il a été proposé par le Groupe des délégués Gouvernementaux. Sa désignation a reçu l’avis favorable des Employeurs et des Travailleurs avant d’être adoptée en plénière par la Conférence à l’ouverture des travaux.